Affichage des articles dont le libellé est accouchement à domicile. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est accouchement à domicile. Afficher tous les articles

09/11/2013

La naissance de Lili

Après 5 faux-travails, qui nous ont fait penser plusieurs fois qu'elle arriverait bien en avance, notre douce Lili a pris le temps de se faire toute belle, et elle a finalement vu le jour le 4 novembre 2013. (à 4 petits jours du terme officiel).
Nous avons eu la chance de pouvoir vivre l'accouchement à domicile dont nous avions envie. En voici le récit (si ça vous embête de lire des mots comme placenta, col de l'utérus, contractions, efforts, ... regardez directement la photo hein!):
J'ai eu mes 1ères contractions à 6h (enfin, pas vraiment les premières après plusieurs faux départs, mais concentrons-nous sur le jour J!)... Elles ont été très gérables toutes la journée. J'ai même eu 2 pauses (qui nous ont fait craindre un Nième faux travail, mais qui m'ont permis de faire 2 mini-siestes). Françoise, notre sage-femme, est passée une 1ere fois vers 14h, en pleine "pause" dans le travail: examen: col vaguement à 1, mais tout chaud, tout mou, très "prêt".
Nous partons faire un tour: lubie de femme en train d'accoucher: nous allons même au LIDL qui est juste à côté de chez nous acheter un globe à Eliott!! Je reste accrochée une bonne minute devant le bac des bottes de ski, clouée sur place par une contraction! Elles commencent à me demander une certaine concentration! :-) mais nous arrivons à passer en caisse et à rentrer à la maison sans encombre!!,et surtout, victoire: le travail se relance :-)
A partir de 18h, les contractions commencent à me faire chanter... Et les genoux de mon homme à douiller puisque je prends appui sur lui, en me mettant légèrement en arrière... Nous faisons quand même 2 parties de scrabble (assez sportives! lol!).
J'avais prévu de pouvoir me suspendre, je n'en ai absolument pas ressenti le besoin! J'avais plus besoin de me mettre en "poussée" sur mes bras. De la même façon, le ballon ne m'a pas servi à moi, mais... à mon homme qui se mettait dessus pour que je puisse prendre appui sur lui... Ce qui est important pour un accouchement (à la maison ou pas!), c'est de l'avoir préparé, mais surtout de se fier à ses envies le jour J: ce sont elles qui feront que le travail se passera au mieux!
A 20h, Françoise arrive, j'ai l'impression que c'est vraiment lancé depuis 1/2h, elle m'ausculte: col à 2/3... Me propose de m'allonger sur le côté, sur mon lit, coussin de maternité entre les jambes. Les contractions sont fortes, je me cramponne à mon homme qui est face à moi, Françoise me masse le dos... 21h30, après plus d'une heure, Françoise me propose de voir où ça en est. Elle m'annonce un col à 5/6... et me dit que mon bébé sera du 4, je ne la crois qu'à moitié... Pour Eliott j'ai connu une longue latence à 6 (de plus de 12H!!!), je ne m'inquiète pas mais j'ai l'impression qu'elle s'affaire surtout pour m'encourager (elle prépare tranquillement tout le matériel pour la poussée, l'arrivée de bébé, ...pendant ce temps, mon chéri a pris le relais dans le massage de dos). Après 21h30, tout s'accélère, pause très courte entre chaque contraction: assez pour que je souffle et ça repart... Je ne sais pas du tout combien de temps ça dure, juste je sens que je reste consciente de tout. J'essaie de rester concentrée sur le son de ma voix pour que mes "ahhh" soient des sons les plus graves possibles, F. me dit aussi d'essayer de penser à une fleur dont les pétales se déploient, s'ouvrent à chaque contraction... La visualisation et la concentration sur ma voix m'aident à "m'ancrer". Et puis, d'un coup, j'ai envie de changer de position, je me redresse pour passer à 4 pattes, appuyée tête contre mon homme (qui, un peu surpris par mon envie soudaine me dit: "t'es sûre?", oui, Françoise me dit que si je sens que j'ai envie de pousser, elle pense que je peux), envie de me cambrer légèrement...
[Pour la parenthèse je me souviens avoir eu la même envie pour l'accouchement d'Eliott et la sage-femme de l'époque me répétant plusieurs fois: "ne vous cambrez pas!!!": je ne sais pas pourquoi, je sais juste que ça m'avais complétement déstabilisée!]
La poche n'étant toujours pas rompue, F. me propose de "regarder" pendant une contraction si elle ne serait pas bombée (ce qui bloquerait la descente de bébé), et là, elle m'annonce que mon col est complètement ouvert, seule une petite "casquette" gène un peu bébé, elle essaie de la "masser" un peu... Je ne sais pas si c'est là que je comprends enfin que ça y est, la fin est proche, mais j'ai soudain un éclair de conscience: j'ai toujours mes chaussettes aux pieds! Je leur dis donc que je ne peux pas accoucher en chaussettes. Je crois qu'on se marre tous les 3. Et puis F. me propose le tabouret d'accouchement... Ca me parle bien: étrangement, là, j'ai une mini-pause (genre 30 secondes??? lol) pendant laquelle je me lève, prends le temps de m'installer, mon homme se cale sur une chaise derrière moi... Une première poussée. F voit les cheveux... Et toujours la casquette de col. Elle me dit qu'elle va aider bébé à passer dessous à la prochaine poussée. La contraction arrive, je pousse, je sens ziou, ma fille glisser en moi... Elle est juste là, toute prête à nous rencontrer. J'ai peur. Je le dis. F. me dit que c'est normal, ma fille arrive, je suis super (!). La contraction arrive, je crie deux fois "aidez-moi, aidez-moi" et je pousse, je pousse et je crie, F. me dit regarde ta fille: je penche la tête à temps pour la voir sortir de moi: Ouaouh!!!!! Magique. Elle est là, sur moi!
Elle est née "coiffée": la poche a rompu juste au moment de l'expulsion...
Ma première question c'est: "on est le combien??" (Françoise "court" à la cuisine pour avoir l'heure de l'accouchement!) Nous sommes le 4, il est 22h37, nous retiendrons 22h36 pour l'heure de naissance!
Et comme elle est sur moi depuis à peine quelques minutes, au moment où Françoise me dit qu'ils vont m'aider à passer sur le lit pour que je sois confort avec ma fille, je lui réponds que je sens le placenta: le temps qu'elle se retourne vers moi: zou, sorti! Nous n'avons même pas eu le temps de couper le cordon avant: un bébé lotus!
Mon homme coupe vite le cordon qui ne bat plus (et qui n'est pas assez long entre bébé et... le sol! lol).
Nous nous "transférons" du tabouret au lit (50 cm!)
Ma fille, ma Lili, ma toute douce trouve le sein presque tout de suite...
Lili a déjà quelques heures sur la photo puisque le soir même nous avons pris des photos sans flash dans la pénombre, autrement dit, on ne voit rien!
Elle nous a offert un magnifique aad, une rencontre inoubliable... Je fonds d'amour

16/10/2013

Dernière ligne droite

On l'aurait aimé dans une ambiance plus sereine, mais notre dernière ligne droite se prépare plutôt dans la confiance par ici... Des indices commencent à parsemer la maison, mon ventre est bien rond comme un ballon, Pépette a amorcé tranquillou sa descente, dixit Julie, une de nos deux sages-femmes qu'on espère bien avoir à nos côtés... dans quelques jours ou quelques semaines au plus tard!


Je ne conçois pas pour l'instant d'envisager mon accouchement ailleurs que dans notre chez-nous, là où on se l'imagine depuis plus de 8 mois maintenant. J'ai du mal à comprendre qu'on ne soit pas capable en France d'être plus respectueux des libertés individuelles (alors que nous vivons dans une société hyper individualiste! un comble), que les jugements, les idées préconçues prennent si souvent le dessus, que les gens restent arrêtés sur et par des "principes" sans vraiment prendre le temps de réfléchir à ce qui est important EN VRAI, parce que les principes ne font pas la vie, ils sont souvent juste des cadres hérités de nos familles, de vieilles habitudes et traditions, des valeurs auxquelles on se raccrochent parce qu'elles ont toujours été là pour nous, au point qu'on oublie de savoir ce qu'on pense vraiment... (je reprends ici en partie les propos d'une "copine de forum" que je trouve juste parfaits pour illustrer mon propos) "comme pour le mariage homo il y a peu : il ne diminue pas le droit des uns mais augmenté la liberté de ceux quo le souhaite et comme pour la bataille à l'époque pour le droit à l'avortement [ou la contraception (et oui, souvenez-vous: la contraception n'était pas tolérable au nom de nombreux principes éculés, et c'était il n'y a pas si longtemps que ça!)] : pour l'accouchement à domicile, il s'agit d'avoir un vrai choix qui évite aux sages-femmes de travailler dans la clandestinité lorsqu'elles accompagnent des femmes qui sinon accoucheraient seules... Bref qui ça dérange ?" Le parallèle avec la situation à l'époque où l'avortement était illégal est évident: "On empêche pas les avortement en les rendant illégaux, on ne fait que les rendre clandestins", ce qui rend des actes sécures quand ils sont encadrés (et une sage-femme est justement formée pour encadrer un accouchement!) juste dangereux quand ils doivent être fait dans la clandestinité!
La pétition de soutien des sages-femmes à presque atteint les 20000 signatures, l'objectif est de 25000, il faut continuer de relayer l'information... France info a permis de diffuser une information très claire et non polémique de la situation dans son émission "votre France info", vous pouvez l'écouter ici...

02/10/2013

6 mauvaises raisons

L'article n'est pas de moi, mais il est tellement bien écrit que je ne pouvais pas ne pas le faire circuler... Il vient de ce blog militant, parce qu'en ce moment, on est juste en train d'empêcher des personnes de faire ... leur boulot! et d'ôter à des femmes la possibilité d'un choix... Dans cet article avant tout, une guerre aux clichés concernant l'accouchement à domicile (clichés véhiculés entre autres par le milieu médical qui voudrait bien faire croire qu'accoucher à la maison c'est "revenir au moyen-âge"....)
6 mauvaises raisons de ne pas défendre l'accouchement à domicile:
"Hier, nous vous donnions 6 bonnes raisons de défendre l’accouchement à domicile.
Mais tout le monde n’est pas de cet avis et a ses raisons de ne pas défendre l’AAD.
1- L’accouchement à domicile c’est plus risqué qu’un accouchement à l’hôpital.
À ma connaissance, aucune Sage-Femme AAD n’accepte de programmer un AAD avec un facteur à risque (hypertension, diabète gestationnel, antécédents d’hémorragies de la délivrance …)
Elles ne programment des AAD que pour des grossesses dites physiologiques.
À l’hôpital, sur une grossesse physiologique, la personne qui vous accouche est une Sage-Femme. Que ce soit chez soi ou à l’hôpital, elles ont les mêmes compétences, le risque est donc le même.
2- Si il y a besoin d’une césarienne en urgence, le temps de transfert met la mère et l’enfant en danger.
Les Sages-Femmes AAD exigent certaines conditions pour prendre en charge un AAD. Que la grossesse ne soit pas à risque ou encore, une distance minimale en km ou en temps de route d’une maternité pour pouvoir assurer le transfert en cas d’urgence.
Ce temps de route est généralement inférieur au temps nécessaire à préparer un bloc pour une césarienne.
De plus, la plupart des césariennes faites en Urgence à l’hôpital sont faites suite à un paramètre légèrement anormal (légère hypertension, délivrance "trop longue" due à l’injection d’ocytociques de synthèse parasitant les contractions …) et ne sont finalement pas justifiées.
3- Je n’ai pas envie d’accoucher à la maison, je n’ai aucun intérêt à défendre l’AAD.
Cet argument me rappelle un célèbre poème de Martin Niemöller. Ce n’est pas parce que l’on s’attaque à des droits qui ne vous concernent pas qu’il ne faut pas réagir.
Dans un premier temps, les pouvoirs publics vont s’attaquer à l’AAD, puis reculer sur les Maisons de Naissance, pour ne plus nous laisser que leurs pseudos salles Nature elles-même régies par le sacro-saint protocole à 2 pas du bloc obstétrical.
Ne pas défendre l’AAD, c’est accepter que l’on décide à notre place de notre accouchement.
4- L’hôpital est la meilleure structure pour voir naître des enfants, toutes les personnes indispensables y sont présentes …
Voyons voir, les personnes indispensables pour un accouchement sont: La mère, le père … Et puis c’est tout, La présence d’une Sage-Femme est très fortement conseillée pour détecter une éventuelle anomalie, mais bien souvent lors d’un AAD elle peut rester en retrait et laisser le couple vivre leur accouchement sans avoir à interférer.
Tout le reste n’est que fioriture, sauf bien sûr dans le cas d’accouchements pathologiques.
Mais dans le cas d’un accouchement physiologique, l’auxilliaire de puériculture, le monitoring en continu, la perf d’oxytocine, ne sont pas utiles et ne font que gâcher l’événement.
5- Les personnes voulant un accouchement moins médicalisé n’ont qu’à accoucher en Salle Nature.
Déjà, toutes les maternités ne possèdent pas de Salle Nature. De plus, les Salles Nature dépendent néanmoins de la Maternité et donc d’un Chef de Service Obstétricien, qui appliquera la même politique de soins à la Salle Nature qu’en salle de naissance classique. Au moindre signal anormal, la parturiente finira sur le dos, sur une table d’accouchement avec monito continu, perf d’oxytocine etc …
6- L’AAD est un bond en arrière pour la condition de la femme qui doit accoucher dans la souffrance comme avant alors que la médecine moderne lui permet de ne pas souffrir.
Ne pas souffrir, c’est une chose, mais à quel prix ? Celui de ne plus rien sentir et de ne pas vivre son accouchement ? Celui de ne plus sentir ses contractions au point de devoir attendre que la Sage-Femme voie une contraction sur le monitoring pour vous dire de pousser ?
Ce qui est un bond en arrière c’est de se confier corps et âme au corps médical qui a oublié que la parturiente est avant tout un être humain, juste pour avoir droit à la péridurale, pour qu’on puisse l’accoucher.
"Bonjour, je m’appelle Marion, je serai votre Sage-Femme, c’est moi qui vais vous accoucher" voilà ce qu’on nous dit quand on arrive à la Maternité. Nous allons vous accoucher, installez-vous ici.
Non, une femme a le droit de vouloir accoucher par elle-même, de vouloir se réapproprier son corps que le corps médical lui a volé. Par exemple, notre Sage-femme nous a raconté qu’il y a peu, une de ses patientes (sans projet AAD) s’est littéralement fait sortir de la maternité d’un hôpital parisien parce qu’elle a refusé un Toucher Vaginal lors d’une visite de routine.
À l’hôpital, les femmes n’ont même plus le droit de refuser un examen, elles ne sont plus propriétaires de leur corps et de ce fait de leur accouchement.
L’AAD est un moyen pour la femme de vivre pleinement son accouchement et de se réapproprier son corps.
Accoucher à domicile est un droit, ne le perdons pas."
J'édite cet article aujourd'hui avec un lien vers la pétition de soutien aux sages-femmes ICI: s'il vous plaît, allez signer, faites circuler, même si vous n'êtes pas directement concernés, même si vous n'envisagez pas personnellement l'accouchement à domicile...
Les sages-femmes qui nous suivent depuis 8 mois viennent de recevoir leur "courrier": celui qui les menace d'une amende de 45000€ si elles ne souscrivent pas à une assurance individuelle pour les accouchements à domicile, assurance qui leur coûterait... l'intégralité de leur revenu annuel ou quasi (22000€/an)... Dans ces conditions une des 2 sages-femmes vient de nous prévenir qu'elle n'était pas sûre de pouvoir participer à mon accouchement... Il m'est juste PAS envisageable de revenir sur ce projet. Je me sens complétement atteinte dans ma liberté de CHOISIR...
Notre pays ne marche pas dans la bonne direction, je me sens juste déconnectée...